Des pompières et pompiers de la Régie intermunicipale de protection contre l’incendie de Valcourt vont avoir doublement chaud cet été. Ils et elles s’entrainent intensivement en vue du Relais des pompiers. Un parcours où ils devront courir quelques kilomètres entièrement revêtus de leur habit de pompier.
Parmi les 31 pompiers et pompières que compte la caserne, quatre ont décidé de relever le défi : Janie Couture, Steven Gagnon, Francis Lehouiller et Marc Chartier. Partout dans la province, 106 pompières et pompiers vont se relayer, 24 h sur 24, sur une distance de 435 kilomètres entre Québec et Montréal du 11 au 15 septembre prochain.
Les quatre pompiers feront leurs parcours respectifs entre Windsor et Cleveland le dimanche 13 septembre prochain. En «habit de combat» complet et en respirant exclusivement dans leur appareil respiratoire. «On approche de 90 livres que nous aurons sur le dos », précise le capitaine des pompiers, Marc Chartier. «D’une certaine façon, ça reproduit les restrictions que peuvent vivre les grands brûlés. Avec le poids et la difficulté à respirer.»

«C’est un défi d’endurance»
Ils et elles s’entrainent régulièrement depuis décembre pour être pleinement en forme. Marc Chartier partage qu’il a dû se mettre à la course pour relever cette épreuve.
«J’ai commencé graduellement à courir un, deux, trois, quatre, cinq kilomètres. Lorsque j’ai atteint 10 kilomètres, j’ai rajouté de la charge avec le manteau, les salopettes et les bottes. Récemment, j’ai réussi pour la première fois à faire mon cinq kilomètres avec tout l’équipement. C’est une remise en forme assez intense!»
Le capitaine ne voit toutefois pas cette épreuve comme une compétition.
«Ce n’est pas un défi de rapidité, c’est un défi d’endurance. L’important, c’est de terminer le parcours. On a environ une heure pour faire cinq kilomètres.»

Les organisateurs se donnent comme objectif d’amasser 148 000 $ pour la Fondation des pompiers du Québec. Un organisme dont la mission est d’aider les grands brûlés et leur famille. Elle soutient aussi le centre de recherche LOEX, associé à l’Université Laval, pionnier mondial de la culture de peau.
Chacun des pompiers de Valcourt devait amasser 1500 $.
«Nous ne sommes pas pompiers pour rien. Nous sommes là pour aider les citoyens et nos proches. En ramassant des fonds pour les grands brûlés, ça vient nous rejoindre directement», partage Marc Chartier.

Une course inspirée d’Alexis Dufour
L’une des organisatrices, Marie-Pier Brien, est productrice vidéo et son conjoint est pompier. Elle explique que le Relais des pompiers s’inspire de l’exploit d’Alexis Dufour. Un pompier qui a couru un demi-marathon en habit complet, lors de la Course des pompiers de Laval en 2023.
«Nous avions couvert l’événement et partagé la vidéo sur Internet. C’est devenu super gros. On a donc eu l’idée, mon conjoint et moi, d’une course à relais impliquant plusieurs services incendies partout au Québec.»

Lors de la première édition, en 2024, 60 pompières et pompiers se sont relayés entre Québec et Laval. Une épreuve non seulement pour les coureurs, mais aussi pour les coordonnateurs. «Nous avons organisé cette première course comme on pouvait, avec les moyens du bord. Nous n’avons pas dormi pendant quatre jours. C’était vraiment un autre monde. Nous avons vécu vraiment beaucoup d’embûches et de retournements de situation.»

Au-delà des défis logistiques, Marie-Pier Brien dit avoir été témoin d’une profonde solidarité humaine et de courage.
«Ç’a été vraiment beau. Des bénévoles ont tellement aimé ça qu’ils ont décidé de faire le parcours au complet avec nous plutôt qu’une partie. Ce qui fait qu’on a dû aller acheter des bas et des bobettes! On a aussi vu des pompiers s’effondrer et d’autres se surpasser. Certains ont osé demander de l’aide. Ce qu’ils ne l’avaient jamais fait avant dans leur vie. Parce qu’il faut le dire, c’est rare de voir des pompiers vulnérables. C’est un métier avec beaucoup d’ego. Mais ils n’ont pas voulu abandonner et l’ont fait pour la cause.»
Elle a d’ailleurs réalisé un documentaire sur cette course qui contient plusieurs témoignages de participants. «Ce ne sont pas juste des pompiers qui courent, ce sont des personnes qui veulent se dépasser physiquement, chacun avec sa raison de courir. Par exemple, certains ont des membres de leur famille qui sont des grands brûlés.»
Une pause pour mieux revenir
Les organisateurs ont choisi se donner une pause l’an passé pour revenir en force cette année. Tout en changeant leurs plans en cours de route.
«L’objectif initial, c’était que la course de 2026 souligne les 25 ans des attentats du World Trade Center. Avec une course entre le Canada et les États-Unis. Mais bon, Trump est arrivé en poste et nous avons changé nos plans. Nous commencerons quand même la course le 11 septembre avec 90 parcours, en mémoire des pompiers [343] qui sont décédés dans le World Trade Center.»
Le parcours va relier l’unité des grands brûlés, au Centre hospitalier de Québec, pour se rendre jusqu’à Montréal. En passant par l’Estrie (Sherbrooke, Windsor, Cleveland, Richmond, etc.), où la pompière et les pompiers de Valcourt vont s’intégrer.
Marie-Pier Brien convient qu’il s’agit d’un grand défi. Elle raconte qu’en 2024, il n’était pas rare que des bénévoles aient besoin de tenir un pompier pour lui permettre d’avancer.
Sur les 106 pompiers qui prendront part à la course, environ une vingtaine sont des femmes. Dont la pompière Janie Couture de Valcourt. «Honnêtement, ce sont des machines de guerre!», s’exclame l’organisatrice.

Du 11 au 15 septembre Les citoyens pourront encourager les pompiers tout au long du parcours. Ainsi que les suivre sur Internet, par le biais d’une caméra en direct.
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